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Les yeux du Lesotho décembre 30 2012

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Voila maintenant plus de deux semaines que je suis au Lesotho.

Il ne m’a pas fallu plus d’une seconde pour saisir la chance que j’avais : certaines personnes me diront, la chance n’existe pas.

Pourtant oui, j’ai de la chance. Je vis parmi les enfants du Sida, parmi les enfants les plus pauvres au monde, et j’ai de la chance. Car les yeux du Lesotho sont si beaux que je ne peux m’en détacher.

Deux semaines ce n’est rien en comparaison aux mois que comptent les volontaires des Peace Corps et autre Save the children ou ONG qui payent les volontaires à faire quoi.

Oui. A faire quoi.

Depuis le 15 décembre, les enfants et les adolescents de Morija me disent : il n’y a rien à faire ici.

Alors, j’ai ouvert ma boîte à trésors. Elle n’est pas très grande.

C’est une boîte qui bat. Toc, toc, toc.

Une boîte qui ressemble à un coeur.

Elle est noire. On peut l’attacher en bandoulière.

Je la prête aux enfants. Je leur dis : c’est vous qui allez raconter l’histoire de Morija, votre histoire.

Et c’est comme ça que tout a commencé.

IL y avait Gaspard le renard, Blaise le poussin masqué (merci Claude POnti ! les enfants commencent à l’apprivoiser !) et Patrick Rorke le peintre sculpteur.

Il y avait aussi une imprimerie, et des bouts de papiers, que nous avons transformé en bout de tissus.

Nous nous sommes déguisés.

Un jour, les garçons ont disparu. J’ai voulu les rejoindre, mais je n’ai pas le droit d’assister aux initiations des garçons.

Alors, je suis restée en bas, tout près de Patrick, et nous avons encore fait des déguisements.

Les enfants se sont mis à danser. C’est bien, ils commencent à apprivoiser la boîte magique, celle qui ressemble à un coeur.

Malheureusement, les enfants ne peuvent pas voir les photographies qu’ils font, car mon ordinateur est trop vieux, et ne fonctionne qu’une fois branché sur une prise. Et je n’ai aucun espace pour inviter les enfants à s’asseoir devant l’ordinateur.

Les enfants ne savent pas encore ce que l’avenir leur réserve : certains resteront au village, d’autres auront la chance, oui, la chance, de pouvoir suivre des études supérieures. D’autres. D’autres seront peut être si malades qu’ils n’auront que la chance de voir le ciel et les yeux du ciel au dessus d’eux.

En revanche, ils commencent à comprendre, grâce à la boîte noire qui fait toc, toc, que leur village est probablement un des plus beaux villages du monde. Que les sources y coulent librement, que les cailloux dégringolent des falaises où les dinosaures ont laissé leurs empreintes, que les esprits de l’Afrique sont les esprits protecteurs de l’univers. Et les voilà qui photographient leurs maisons, leurs jardins, les arbres de la forêt, les cailloux des montagnes et les ruisseaux qui chantent, les vaches et les moutons, les bergers et les femmes, les grand-mères et les grand-pères.. Et pour une fois, plus question de missionnaires !

Alors, je voudrais laisser parler les enfants. Et vous montrer de quoi ils sont capables, et comme ils sont riches.

Je voudrais vous dire encore une chose : ils sont riches, et ils partagent leurs richesses sans rien me demander en retour.

Je voudrais leur dire, PARLEZ NOUS DU LESOTHO ce petit royaume oublié du monde. Car il vous appartient, et il ne m’appartient pas d’en parler à votre place.

Voulez vous m’aider donner les moyens à ces enfants de s’exprimer, sur du papier, en couleur, en noir et blanc, en musique et en dansant ?

Bref plus concrètement : nous avons besoin de votre soutien !  Et bienvenue au Lesotho !

Pour tout renseignement

christineb.fr@gmail.com morija-montage-500-ko.jpglesotho-2-phophi-029.jpglesotho-to-ha-falene-160.jpgmasitise.jpgmorija-2.jpgmorija.jpg


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