le coeur des hommes janvier 24 2012
Infos : , rétrolienEn Mauritanie, le coeur des hommes est enveloppé de lumière. Elle s’incruste dans les plis des boubous, les bleus et les blancs.
Choisis un boubou blanc, c’est le plus beau, m’a dit Brahim, mon hôte de la vie. Et sois chez toi chez nous. Ici, tu as une maison, une famille, reste, aussi longtemps que tu le voudras. J’ai demandé à Brahim si son père était à celui qui l’avait élevé à tant de générosité, tant de respect, tant d’amour. Mais Brahim a perdu son père quand il avait cinq ans. En plein milieu de l’océan, un accident d’avion. Seule, sa mère, née dans le désert, lui a donné tout l’amour du monde. Je leur ai offert Le Petit Prince, leur expliquant le sens de ma vie, pendant que la tante peignait mes doigts au hénné.
J’ai choisi le boubou blanc, celui de la pureté, celui qui brille au soleil de la Mauritanie. Il est incrusté de fils d’or. Lorsqu’il flotte au vent sur la plage de Nouackchott, je reçois tout l’amour du monde.
Forcément, j’ai envie de dire que la Mauritanie est le pays le plus hospitalier au monde, le plus généreux.
Il suffit d’y rencontrer des princes. Des princes dont personne ne connaît la grâce et l’infinie générosité.
Ils sont là, autour de moi, ils me voient et je les vois, et nous ne devenons plus qu’un.
Le bazin, qui sert à la confection des boubous, vient d’Allemagne. Il est frappé à froid dans les rues de Nouakchott, par des garçons assis sur le sable, à l’ombre d’un toit de tôle. Ils y imprègnent des motifs que l’oeil cherche à décrypter, mais le renard a dit, l’essentiel est invisible aux yeux, on ne voit bien qu’avec le coeur. Je n’ai pas rencontré les doigts qui brodent le fil d’argent, mais cela ne saurait tarder…
Pendant ce temps, les enfants de l’école Mariam Diallo lisent un petit livre. Au mois de juin, ils ouvriront leur livre de lecture à une page bien particulière : l’extrait du conte de Saint Exupéry, la rencontre d’un renard et d’un enfant. Il faudra, oui, il faudra que je retourne à Nouakchott.
Et déjà, des dessins merveilleux, que je garde précieusement, comme des perles d’amour dont je ferai un collier un jour.
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